samedi, 19 juillet 2008
Quelques lectures d'été....
Etant par nature quelqu'un de curieux et intéressé par divers sujets polémiques ou non, je suis surtout avide de culture, de connaissance,.... De l'histoire à la philosophie, de la religion à l'économie,.... je me suis constitué une biblitohèque de plus de .....ouvrages. Cet été j'ai décidé de me consacrer à l'étude l'islam. Tout et n'importe quoi a été dit sur le sujet, particulièrement par ceux qui ne connaissent rien sur le sujet!!!
Laurent Lagartempe nous livre une série d'ouvrages (éditions de Paris): avec "Le coran contre la République" et le "Petit guide du coran", dans lesquels il a sélectionné les quelques centaines de versets parmi les plus incompatibles avec la législation française, il opère également une confrontation entre les versets manifestement incompatibles et les articles du droit français qui en constituent le délit. La religion musulmane n'est tolérable en France qu'à condition d'expurger le coran de plusieurs centaines de versets qui, en termes de droit pénal français, sont autant de "délits de provocation à crimes et délits contre les personnes". Dans un autre ouvrage "L'islam démasqué" consacré cette fois à la lutte contre la désinformation déployée par les instances islamiques, et coupablement supportée par les médias et les politiques, il complète largement les 1ères analyses: un appel à une résistance contre l'entreprise d'islamisation de la France.
En ces temps de repentance et de reniement, un autre ouvrage devrait ouvrir les yeux de certains, "Histoire des Barbaresques". Pourquoi l'impact de l'islam a été durablement destructeur de civilisations ??? .... le coran imposé par des "seigneurs de la guerre".... et de découvrir que les Sarrasins devenus musulmans, s'empressèrent, comme à Alexandrie, de brûler les bibliothèques.
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Commentaires
Intéressez-vous au nouveau livre de Laurent Lagartempe : « Origines de l’islam »
Editions de Paris, septembre 2009
Que s’est-il vraiment passé au 7e siècle au Moyen Orient ?
Que vous vous posiez à vous-même cette question ou que vous la posiez à un quelconque interlocuteur, même « cultivé », vous obtiendrez toujours à peu près la même réponse : un certain Mahomet a prêché le Coran à La Mecque et lancé les Arabes à la conquête des empires. En insistant vous obtiendrez tout au plus des réponses relatives à la vie et aux mœurs du mythique personnage, dont la biographie supposée est si présente dans les médias que plus personne n’en ignore au moins quelques détails pittoresques, mais peu de réponses quant à la façon dont s’est déroulé l’événement, ses circonstances et ses causes, la nature des protagonistes en présence… Bref, vous devrez constater que l’histoire vraie des origines de l’islam est pour ainsi dire absente de la conscience collective des Français et plus généralement des Européens. Et si, étant journaliste, il vous vient à l’idée de consulter vos fiches, il y a de grandes chances pour que vous n’y trouviez que peu de chose sur le sujet. C’est un fait avéré, l’écrasante et omniprésente légende mahométane occulte entièrement, dans l’opinion, l’histoire des origines de l’islam.
Mais au fait ! Y a-t-il quelqu’un qui se soit aventuré à écrire cette histoire ? Certes oui ! Mais de façon fragmentaire, sous forme de travaux de chercheurs, inconnus du public, volontairement ignorés des médias les plus en vue. L’ouvrage de Laurent Lagartempe propose une récapitulation ordonnée des apports de la recherche historique sur le sujet, y compris les acquis les plus récents. En aucun cas un événement historique ne peut être rapporté à une seule cause, encore moins à un seul personnage. L’origine de l’islam est même l’un des événements dont le déterminisme est des plus complexes, dont les causes politiques, sociologiques et culturelles ont des racines anciennes dans la vie et la culture des peuples millénaires de la Méditerranée et du Proche Orient. C’est ce que démontre l’auteur qui affronte avec brio ce complexe ensemble causal.
La causalité la plus immédiate, la plus contingente des origines est, dans ce cas comme dans bien d’autres, d’ordre événementiel. L’islam a vu le jour à la faveur d’affrontements politiques et guerriers dont l’imbroglio affecte tout le demi 7e siècle et dont l’issue, a priori imprévisible, aurait pu être finalement tout autre. L’auteur, soucieux de ne rien négliger de cette part matérielle du déterminisme historique, s’attache à produire un panorama clair et complet des faits majeurs ayant à l’époque affecté le Moyen Orient, mais seulement dans la deuxième partie du livre. En effet l’auteur entend retenir d’abord l’attention du lecteur sur un domaine du déterminisme historique moins matériel, plus idéologique, celui des valeurs de culture et de civilisation, dont la diversité et les antagonismes chez les peuples d’alors s’avèrent être d’une valeur explicative de premier plan.
L’importance que l’auteur attribue à ce déterminisme « idéologique » des origines de l’islam, le conduit à brosser une fresque récapitulative des cultures majeures de l’époque dont l’évocation occupe toute la première partie du livre : On y redécouvre les aspects connus du génie grec dont notre Occident est si profondément imprégné ; on y découvre la part moins connue de ce que nous avons hérité du génie perse ; on y accède à une vision de la culture juive plus diversifiée que celle à laquelle nous ont habitués de trop exclusifs stéréotypes contemporains ; on y accède à une connaissances approfondie du tempérament et des mœurs du peuple bédouin, dont le Coran est un fidèle reflet et dont l’islam est largement imprégné. Associant ainsi, dans une brillante synthèse, les aspects matériels et culturels du déterminisme historique de l’événement, l’auteur réussit à embrasser la problématique entière des origines de l’islam et à élucider les traits fondamentaux de son impact culturel sur la longue durée.
Ecrit par : NEUVY | mercredi, 09 septembre 2009
de Laurent Lagartempe : « Origines de l’islam »
Editions de Paris, septembre 2009
D’accord ou pas d’accord, vous n’aurez pas à le regretter : un excitant périple à travers l’espace et le temps vous y est proposé.
Laurent Lagartempe ne fait pas les choses à moitié.
Analyste rigoureux du monde musulman, il entend ne laisser échapper aucun des facteurs historiques directs ou indirects, proches ou lointains, pouvant avoir pesé de façon sensible dans le déterminisme complexe ayant abouti à l’émergence de l’islam. Le regard qu’il porte sur l’événement se situe donc aux « antipodes » de celui propagé par la légende mahométane, d’un processus d’émergence dont la causalité se réduirait, à la limite, à la geste inspirée d’un unique personnage. Son parti pris s’identifie à celui de l’historiographie contemporaine, qui est d’admettre a priori qu’en tout événement il y a nécessairement pluralité de causes.
Ses prises de vue historiques participent d’avantage du grand angle que du zoom. Il est précis et concret lorsqu’il s’agit de retracer les péripéties guerrières de l’événement lui-même, mais il ne manque jamais de distancier le regard sur les faits pour en faire mieux ressortir les significations. Et, significativement, la place que tient dans le livre le récit de ces péripéties se réduit à quatre des treize chapitres qui le constituent. L’auteur se veut rigoureux dans la relation des faits, mais il se veut plus attentif encore au décryptage des motivations et implications politiques, sociologiques, idéologiques, qui les sous-tendent. Ce qui, pouvant a priori paraître étrange, conduit l’auteur à consacrer les quatre premiers chapitres du livre à un considérable coup de projecteur sur les cultures et civilisations des peuples protagonistes du drame : Perses, Grecs, Arabes et Juifs.
Le détail pittoresque d’un paysage ne manque jamais de solliciter le zoom du spectateur ou du photographe, mais c’est souvent en réduisant la focale que l’on parvient à en percevoir tout le sens. L’objectif grand angle est ce qui permet d’embrasser le paysage dans son ensemble et d’en percevoir la cohérence. Un site particulier n’est jamais disjoint du panorama qui l’inclut ; il lui doit même souvent beaucoup de ce qu’il est. Le caractère particulier des événements qui ont affecté le Moyen Orient durant la premier demi 7e siècle, se perçoivent déjà bien lorsqu’on focalise sur les faits eux-mêmes. Ils se perçoivent mieux encore lorsqu’on les considère inclus dans le panorama géographique et historique qui les habille et les détermine.
L’intelligence d’un paysage ne se limite d’ailleurs jamais à ce qu’il est dans l’instant. La géologie nous sensibilise au caractère transitoire de son apparence actuelle. On sait que les traits essentiels de son relief sont l’aboutissement d’une longue et considérable orogenèse, dont la connaissance ajoute du sens à ce qui s’exprime dans son instantané. Dans le cas d’un événement marquant comme dans celui d’un site remarquable, il est toujours profitable d’appréhender l’objet dans ses perspectives à la fois spatiales et temporelles. Au sens du livre de Laurent Lagartempe, le mot « origines » doit être pris dans son acception la plus large : il englobe les implications causales culturelles autant que matérielles, anciennes autant que contemporaines. Le coup de projecteur sur le passé est même si pénétrant qu’il va jusqu’à situer l’événement dans la perspective, quasi intemporelle, d’affrontement entre nomades et sédentaires, autrement dit entre communautés paléolithiques et néolithiques. C’est à une prise de vue de très grand angle que le lecteur d’« Origines de l’islam » doit s’attendre.
Ecrit par : NEUVY | lundi, 21 septembre 2009
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe,
Editions de Paris, septembre 2009
Offrez-vous un périple à travers l’espace et le temps historiques : plus que de la géopolitique, c’est de la géo-anthropologie.
Néolithique contre paléolithique
Le mot « Origines » est ici à prendre au sens large du terme : incluant les faits propres à l’événement lui-même, et aussi tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin ; qui plus est, l’auteur n’est jamais à court d’interprétations. Ses exposés ne sont jamais seulement une sèche relation de ce qui a eu lieu, mais sont toujours assortis d’une quête de sens, d’un effort d’élucidation des interférences causales et des effets subséquents. Réciproquement les significations exprimées se veulent étayées de faits significatifs. Parfois, dans un but didactique, l’exposé de la conclusion précède celui de la démonstration. C’est le cas pour la thèse la plus fondamentale du livre, celle qui se rapporte à l’« effet nomade » vu en tant que cause première du drame ayant abouti à l’émergence de l’islam.
Une thèse de ce genre ne se démontre pas en quelques paragraphes d’un chapitre. C’est à travers tout le livre qu’il faut en chercher les explications et les justifications. Autant donc en proposer d’emblée une image claire, à travers deux cartes figurant au tout début du livre, précédant même l’introduction. L’examen de ces cartes appelle l’attention sur un aspect de l’histoire des civilisations trop souvent sous-estimé, à savoir la constante pression agressive des peuples nomades sur les peuples sédentaires, pression préhistorique autant qu’historique. L’auteur avait déjà consacré à l’exposé de cette thèse plusieurs chapitres de son précédent livre « Histoire des Barbaresques » montrant que « l’agressive présence aux frontières des barbares nomades fut le grand tourment de tous les empires. » Ce fut le cas pour les anciens empires, de Sumer à Assour ; ce le fut également pour ceux, plus récents de Perse, Rome et Byzance. La conquête arabe en est un modèle typique.
Les invasions arabes sont en effet l’un des derniers avatars de ce perpétuel tourment infligé par des peuples barbares aux peuples civilisés des cités, des royaumes et des empires. En effet les véritables acteurs et profiteurs du grand chambardement ayant affecté le Moyen Orient au 7e siècle sont les Bédouins, peuple composé de turbulentes tribus nomadisant dans les espaces de steppes et déserts de l’immense Arabie (dite actuellement Saoudite). En matière d’histoire la causalité est non seulement plurielle, mais encore souvent équivoque, douteuse, difficile à établir… La prudence conduit souvent à parler de facteurs accélérateurs ou répresseurs… de circonstances propices ou non … ou même de pures coïncidences.
En ce qui concerne l’émergence de l’islam, l’« effet nomade » a joué un tel rôle dans l’aventure que l’on ne saurait l’écarter en tant que cause, non pas cause unique bien sûr, mais sans doute « cause première », celle sans laquelle les autres causes n’auraient pu devenir opérantes. L’« effet nomade » est ce processus majeur qui durant huit ou dix millénaires a continuellement ralenti l’opiniâtre aspiration des hommes à s’organiser en communautés de sédentaires, producteurs de bien et inventeur de cultures humanistes. Dernier « effet nomade » de grande ampleur avant l’épopée de Gengis-Khan au 13e siècle, cette cause première de l’émergence de l’islam est essentielle à la compréhension de ce qu’est véritablement l’islam. L’islam fut dès l’origine imprégné d’esprit bédouin, et n’a jamais depuis cessé de l’être.
Ecrit par : NEUVY | lundi, 28 septembre 2009
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
D’accord ou pas d’accord, vous devrez en convenir : le discours de l’auteur n’est celui de personne d’autre.
Laurent Lagartempe, un « électron libre »
Sa vie professionnelle l’a mis au contact direct du monde musulman, sans que pour autant il en ait conservé des attaches affectives ou intéressées susceptibles d’infléchir la libre expression de sa pensée. Sa qualité d’agronome l’a aussi mis à l’abri des dépendances à l’égard de ce qu’il est convenu d’appeler les « sciences humaines » et du conformisme inhérent à leurs écoles de pensée. Sa démarche d’analyste du monde musulman procède d’expériences de terrain, revisitées à la lumière d’apports bien informés d’analystes beaucoup plus qualifiés que lui, dont il nourrit sa pensée sans pour autant se plier à leurs poncifs. Son « Petit guide du Coran » paru en 2003 aux Editions de Paris, avait mis en œuvre une méthode d’approche inédite à ce jour. Le « Livre sacré » des musulmans, tant de fois analysé et commenté avec précautions et respect, se trouvait pour la première fois soumis à une grille analytique dont la sécheresse quantitative répugne habituellement aux chercheurs de « sens » : Sociologues, philosophes, théologiens… Or cette sèche approche quantitative, s’avère être celle qui donne accès aux différents « sens » dont est porteur le livre, de la façon la plus précise, la plus objective et la plus exhaustive.
Fort du succès de son approche analytique originale du Coran, et de l’expérience que lui vaut sa connaissance coranique du monde musulman, Laurent Lagartempe s’attaque maintenant à l’histoire des origines de l’islam avec une égale liberté d’esprit. N’étant pas historien de formation, l’auteur aborde le sujet avec la rigueur exigée de tout chercheur scrupuleux, rigueur dont il a déjà fait preuve dans un précédent ouvrage « Histoire des Barbaresques » gratifié d’une préface de l’éminent historien Jacques Heers. L’information qu’il mobilise sur le sujet est cette fois en grande partie inédite. Ce qui s’est vraiment passé au Moyen Orient au 7e siècle est en effet en grande partie occulté par l’omniprésence médiatique de la légende mahométane, prudemment ménagée par la critique historique. Prenant en compte l’événementiel classique de l’histoire des empires perse et grec de l’époque, l’ouvrage récapitule en outre les apports originaux les plus récents de courageux pionniers de la recherche historique, curieusement ignorés de la grande presse.
Fidèle à sa ligne de conduite habituelle, de rigueur dans la prise en considération des faits, autant que de hardiesse dans la recherche des significations, l’auteur brosse un tableau exhaustif des événements ayant affecté le Moyen Orient durant la première moitié du 7e ; tableau composé de façon à faire ressortir la succession et l’enchevêtrement des causes ayant abouti à l’émergence de l’islam. Outre les causes circonstancielles de cet avènement, liées aux forces et affrontements de l’époque, l’analyse fait une place importante aux causes structurelles inhérentes à l’histoire et à la conscience identitaire des peuples en présence. Les tensions intervenues à cette époque entre Grecs, Perses, Juifs et Arabes sont envisagées dans une optique apparentée à celle illustrée par Huntington, « Le choc des civilisations » à propos des relations internationales contemporaines, après la chute du mur de Berlin dans les années 80. L’auteur se trouve ainsi conduit à dresser, dans une première partie de l’ouvrage, un portrait anthropologique et culturel approfondi des quatre protagonistes ; ce qui lui permet de situer l’événementiel du drame dans une perspective historique de « temps long », avec mise en évidence de causes remontant loin dans le passé, et de séquences événementielles antérieures annonciatrices ou anticipatrices du drame.
C’est finalement en forme de tragédie classique que le récit prend corps dans la seconde partie du livre, avec quatre « personnages-peuples » de caractère bien typé en proie à leurs passions, engagés dans une action que l’on voit se développer en quatre actes successifs vers un tragique dénouement. Au total, c’est le souci d’avoir à prendre en compte l’ensemble des causes et des effets, proches et lointains, qui préside à la composition de l’ouvrage, pour une présentation synthétique qui soit lisible en dépit de la complexité du sujet. On est évidemment ici bien loin de la version simpliste autant que mythique que nous en donne la légende mahométane. La version beaucoup plus proche de la réalité, que propose Laurent Lagartempe est à la fois instructive, inédite, dérangeante et passionnante : Un véritable scoop de rupture avec le consensus hagiographique dominant qui sévit à propos de l’histoire de l’islam et de ses origines.
Ecrit par : Neuvy | mardi, 06 octobre 2009
Un voyage imaginaire au pays des identités antiques ;
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
Ressentir le choc des mentalités pour mieux comprendre le drame ; et pour cela s’immerger dans les cultures d’époque : c’est à quoi vous convie l’auteur.
La rigueur chronologique est la condition première d’une juste interprétation de l’histoire. Inverser une succession temporelle d’événements conduit inévitablement à prendre l’effet pour la cause, et la cause pour l’effet. Or cet anachronisme relatif à la datation des faits, assez facilement repérable et remédiable, est moins insidieux que cette autre sorte d’anachronisme, celui qui se rapporte à l’optique globale à travers laquelle on perçoit les événements du passé. Regarder agir les acteurs du passé avec les yeux du présent est la tendance naturelle, toujours difficile à surmonter. Le souci d’éviter cet écueil tient une place importante dans le livre de Laurent Lagartempe, sous forme d’un chapitre entier intitulé « Préalables à l’intelligence des faits »
Cette précaution s’avère être essentielle dans le cas particulier de l’histoire des origines de l’islam, étant donné que tout ce qui s’est écrit en langue arabe sur le sujet est littéralement infecté d’anachronismes, relatifs à l’interprétation des faits autant qu’à leur datation. Il faut avoir à l’esprit ce fait plutôt insolite que l’on ne retrouve pratiquement aucun document en langue arabe, qu’il s’agisse des légendes mahométanes ou de l’historiographie proprement dite, qui ne soit antérieur à la fin du 8e siècle. Or on sait pertinemment que, très tôt et constamment ensuite jusqu’au 9e siècle, on a beaucoup écrit en langue arabe et beaucoup détruit à la faveur de féroces luttes de chefs pour le pouvoir.
Il y eut ainsi, durant deux ou trois siècles, de successives manipulations de récits, ayant pour but de donner au passé le visage que l’on voulait qu’il ait dans le présent, et qui chaque fois évoluait au gré des puissances du moment. L’aspect le plus insidieux de ces manipulations anachroniques est celui qui tient à l’usage de certains mots arabes essentiels, ayant eu au départ un sens très différent de celui qu’ils ont acquis ensuite, et qui apparaissent dans les récits du passé avec le sens nouveau qu’ils n’avaient pas alors. Pouvoir s’affranchir de ce trucage sémantique, exige une immersion mentale imaginaire dans ce que fut la mentalité arabe de plusieurs époques successives et une initiation au glissement de sens subi par certains mots ; ce qu’autorisent maintenant les études linguistiques qualifiées, dont le livre donne un aperçu, essentiel à la juste interprétation des événements.
Qui plus est, l’événement « origines de l’islam » considéré dans sa globalité et rapporté à son contexte socio-politique, appelle une juste appréciation de l’état des mentalités d’époque, tant des Arabes eux-mêmes que des peuples partenaires du drame. Ce qui conduit l’auteur à accomplir un voyage imaginaire au pays des identités antiques ; dans ce qui, à l’époque, caractérisait les Perses, les Grecs, les Juifs et les Arabes, du point de vue de leur mémoire collective, de leur conscience identitaire et de leur imaginaire. Au total, c’est une véritable immersion mentale rétrospective au sein des cultures et des civilisations du Moyen Orient au 7e siècle, que propose le livre.
Ecrit par : Neuvy | lundi, 12 octobre 2009
Une enquête équitable : instruire l’affaire à charge et à décharge
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
Ce livre a le caractère d’une enquête historique à suspense qui ne laisse rien au hasard..
Métaphoriquement, ce qui s’est passé au 7e siècle au Moyen Orient peut être considéré comme une grave atteinte à l’ordre public, une considérable agression de paisibles communautés par une puissance délinquante, dont il y a lieu d’élucider le caractère et définir les responsabilités. De ce point de vue, le problème à traiter s’apparente à une affaire judiciaire, dont un juge conduirait l’instruction conformément à une éthique de rigueur et d’équité. Le juge qui n’est jamais neutre, puisqu’il a mission de se prononcer sur des implications et des responsabilités, doit pourtant faire preuve d’objectivité. L’objectivité dans l’instruction exige au moins qu’aucune piste ne soit négligée et que les responsabilités soient instruites à charge et à décharge. N’attendez pas de l’auteur de « Origines de l’islam » qu’il soit neutre ; il se prononce sur la signification des faits qu’il instruit, autant que sur les faits eux-mêmes. L’objectivité à laquelle il prétend est celle d’avoir multiplié les pistes et nuancé les implications. Au lecteur d’apprécier si le challenge en est réussi.
En première approche, quatre « nations » sont impliquées dans le drame des origines de l’islam, Perses, Grecs, Arabes et Juifs, dont le portrait identitaire approfondi est brossé dans les quatre premiers chapitres du livre. Au point de départ de toute l’action se situe une grande offensive Perses contre les Grecs, suivie d’une formidable et victorieuse réplique de Byzance, causant un véritable séisme dans tout le Moyen Orient, avec pour effet global l’épuisement des deux empires, et pour conséquence leur fragilité face à l’insurrection arabe. La première grande responsabilité du drame est donc à situer du côté perse plutôt que du côté grec, les insurgés arabe faisant pour leur part figure de profiteurs opportunistes de désordres qu’ils n’avaient pas eux-mêmes provoqué. Mais peut-on pour autant imputer aux « Arabes » toute la responsabilité dans la suite de l’affaire ?
C’est à ce niveau que l’auteur introduit une importante nuance. La « nation arabe » était à l’époque diversifiée, en grande partie imprégnée d’influences perses, grecques, chrétiennes. En marges des empires il y avait des royaumes arabes chrétiens, partenaires des empires et qui leur restèrent fidèles au long du drame. L’insurrection fut le fait des tribus de l’intérieur de la péninsule arabe restées nomades. En ce sens, il est pertinent d’imputer la responsabilité des premières conquêtes au « monde bédouin » plutôt qu’à un « monde arabe » réputé à tort uniforme. En ce sens l’affaire des « Origines de l’islam » est bien instruite « à charge et à décharge » à l’égard du peuple arabe entier, tel qu’il existait à l’époque.
Elle l’est de la même façon à l’égard de la « nation juive » qui, elle aussi était loin de présenter l’unité qu’on imagine parfois. Il y a manifestement une influence juive à l’origine de la subversion bédouine, mais il serait très injuste d’en imputer la responsabilité « aux juifs » au sens d’une expression courante souvent suspecte d’antisémitisme. Le pluralisme culturel juif de l’époque était plus accentué encore que celui que nous lui connaissons actuellement, avec des tensions plus dures encore entre factions rivales. Les juifs impliqués dans la subversion bédouine étaient ennemis jurés des juifs rabbiniques. Ils constituaient une secte dite « judéo-chrétienne » en rupture complète avec l’orthodoxie talmudique. Ce ne sont donc pas « les Juifs » qui sont impliqués dans la subversion mais un clan d’hérétiques au judaïsme, engagé dans une idéologie intolérante, revancharde et farouchement guerrière.
Ce ne sont là que deux aspects significatifs de cette enquête équitable conduite avec rigueur, tout au long du livre, par l’auteur d’ « Origines de l’islam »
Ecrit par : Neuvy | mardi, 13 octobre 2009
Une enquête équitable : instruire l’affaire à charge et à décharge
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
Ce livre a le caractère d’une enquête historique à suspense qui ne laisse rien au hasard..
Métaphoriquement, ce qui s’est passé au 7e siècle au Moyen Orient peut être considéré comme une grave atteinte à l’ordre public, une considérable agression de paisibles communautés par une puissance délinquante, dont il y a lieu d’élucider le caractère et définir les responsabilités. De ce point de vue, le problème à traiter s’apparente à une affaire judiciaire, dont un juge conduirait l’instruction conformément à une éthique de rigueur et d’équité. Le juge qui n’est jamais neutre, puisqu’il a mission de se prononcer sur des implications et des responsabilités, doit pourtant faire preuve d’objectivité. L’objectivité dans l’instruction exige au moins qu’aucune piste ne soit négligée et que les responsabilités soient instruites à charge et à décharge. N’attendez pas de l’auteur de « Origines de l’islam » qu’il soit neutre ; il se prononce sur la signification des faits qu’il instruit, autant que sur les faits eux-mêmes. L’objectivité à laquelle il prétend est celle d’avoir multiplié les pistes et nuancé les implications. Au lecteur d’apprécier si le challenge en est réussi.
En première approche, quatre « nations » sont impliquées dans le drame des origines de l’islam, Perses, Grecs, Arabes et Juifs, dont le portrait identitaire approfondi est brossé dans les quatre premiers chapitres du livre. Au point de départ de toute l’action se situe une grande offensive Perses contre les Grecs, suivie d’une formidable et victorieuse réplique de Byzance, causant un véritable séisme dans tout le Moyen Orient, avec pour effet global l’épuisement des deux empires, et pour conséquence leur fragilité face à l’insurrection arabe. La première grande responsabilité du drame est donc à situer du côté perse plutôt que du côté grec, les insurgés arabe faisant pour leur part figure de profiteurs opportunistes de désordres qu’ils n’avaient pas eux-mêmes provoqué. Mais peut-on pour autant imputer aux « Arabes » toute la responsabilité dans la suite de l’affaire ?
C’est à ce niveau que l’auteur introduit une importante nuance. La « nation arabe » était à l’époque diversifiée, en grande partie imprégnée d’influences perses, grecques, chrétiennes. En marges des empires il y avait des royaumes arabes chrétiens, partenaires des empires et qui leur restèrent fidèles au long du drame. L’insurrection fut le fait des tribus de l’intérieur de la péninsule arabe restées nomades. En ce sens, il est pertinent d’imputer la responsabilité des premières conquêtes au « monde bédouin » plutôt qu’à un « monde arabe » réputé à tort uniforme. En ce sens l’affaire des « Origines de l’islam » est bien instruite « à charge et à décharge » à l’égard du peuple arabe entier, tel qu’il existait à l’époque.
Elle l’est de la même façon à l’égard de la « nation juive » qui, elle aussi était loin de présenter l’unité qu’on imagine parfois. Il y a manifestement une influence juive à l’origine de la subversion bédouine, mais il serait très injuste d’en imputer la responsabilité « aux juifs » au sens d’une expression courante souvent suspecte d’antisémitisme. Le pluralisme culturel juif de l’époque était plus accentué encore que celui que nous lui connaissons actuellement, avec des tensions plus dures encore entre factions rivales. Les juifs impliqués dans la subversion bédouine étaient ennemis jurés des juifs rabbiniques. Ils constituaient une secte dite « judéo-chrétienne » en rupture complète avec l’orthodoxie talmudique. Ce ne sont donc pas « les Juifs » qui sont impliqués dans la subversion mais un clan d’hérétiques au judaïsme, engagé dans une idéologie intolérante, revancharde et farouchement guerrière.
Ce ne sont là que deux aspects significatifs de cette enquête équitable conduite avec rigueur, tout au long du livre, par l’auteur d’ « Origines de l’islam »
Ecrit par : Neuvy | mardi, 13 octobre 2009
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
Nous avons beaucoup à apprendre des musulmans : ils sont nos maîtres es-fiction historique.
Dix questions dérangeantes sur l’historicité de Mahomet.
Comment se fait-il que la biographie de Mahomet soit restée cet immuable stéréotype que l’on nous ressert indéfiniment dans les médias, résumée, amplifiée ou arrangée de diverses manières, mais toujours imperturbablement semblable à elle-même quant au fond ! Cas unique dans la série des personnages hors du commun de la chronique historique, la figure de Mahomet ne fait l’objet d’aucune véritable variante dans les portraits qu’en tracent les auteurs les plus divers, des thuriféraires les plus serviles aux censeurs les plus sévères. Selon que l’on vénère ou fustige le personnage, on insistera sur tel ou tel aspect de sa vie et de ses mœurs sans pour autant remettre en question la figure d’ensemble qu’en propage indéfiniment la tradition. En matière de critique historique, il se produit en général toujours de l’inédit, conduisant à enrichir ou à reconsidérer ce que l’on sait déjà ou croyait savoir sur les personnages célèbres. De quelle façon Mahomet peut-il avoir fait exception à la règle ?
La rigoureuse orthodoxie musulmane est pour beaucoup dans cette pétrification biographique, mais il y a plus encore : Cet étonnant constat mis à jour par la recherche, d’un véritable cercle vicieux sémantique affectant tout ce que colporte la légende. La somme
de tout ce qui est attribué à Mahomet, d’actes et de déclarations, remplirait une copieuse bibliothèque, ce qui signifie que nombreux en sont les auteurs véritables. Il est de règle constante en recherche historique que la confrontation de textes d’auteurs différents donne toujours lieu à des tests croisés, propices à l’approche de la vérité. Or la littérature mahométane, si riche en redondances, ne donne pour ainsi dire pas de prise à ce genre de test, comme si les auteurs de toutes époques – aucun document connu n’est antérieur au 9e siècle – s’étaient donné le mot pour cultiver les mêmes stéréotypes, sans souci de chercher à d’avantage approcher la vérité historique. Il y a là une anomalie typiquement musulmane qui piège la possibilité d’extraire de la légende la part de vérité historique du personnage.
Laurent Lagartempe n’a pas de portrait de rechange à proposer, mais il énonce en fin d’ouvrage dix questions dérangeantes au sujet de l’historicité du personnage. C’est en effet la fresque historique des origines de l’islam que constitue le livre qui permet de formuler de telles questions. Il appert en effet que la geste attribuée à Mahomet se situe dans des cités qui n’existaient pas à l’époque ; que la religion des Omeyyades – jusqu’en 750 à l’avènement des Abbassides – ne fit pratiquement aucune place à l’existence d’un prophète de ce nom ; que le Coran ne mentionne nulle part le dit prophète, dont l’aura ne fut définitivement consacrée que par décision de l’éminent Ghazali au 11e siècle. Ces faits avérés et quelques autres clairement exposés, permettent de poser ces dix questions dont les réponses implicites ne laissent qu’une faible part d’authenticité historique dans la foisonnante légende du personnage .
Ecrit par : Neuvy | mardi, 20 octobre 2009
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
Ce livre est de nature à vous persuader, si vous ne l’êtes déjà, que « L’histoire a de la suite dans les idées »
Laurent Lagartempe persiste et signe :
L’islam est porteur d’une « idéologie intrinsèquement perverse ». On en fait ordinairement le constat en considérant les multiples oppositions que les musulmans manifestent à l’égard des valeurs occidentales héritées des Perses et des Grecs, d’Israël et du christianisme. A la lecture du dernier livre de Laurent Lagartempe, on peut se persuader que ce raidissement anti-valeurs mérite effectivement le nom d’ « idéologie intrinsèquement perverse », car il est présent dès l’origine, caractéristique de l’attitude mentale des conquérants de la première heure. Ce que la culture islamique est actuellement, ce qu’elle n’a jamais cessé d’être, elle le fut dès les premiers instants d’émergence de l’islam. Par rapport à nos cultures occidentales, aussi loin que l’on remonte dans le temps, ce fut et cela reste une culture de la régression, une contre-culture.
L’émergence de l’islam, c’est avant tout l’écroulement de l’empire perse et le déclin des influences gréco-chrétiennes au Moyen Orient, au profit d’influences culturelles non pas comparables ou complémentaires mais véritablement contradictoires, radicalement opposées. Contrairement à ce qui se passait depuis des millénaires au Moyen Orient et en Méditerranée, d’une montée humaniste progressive des civilisations à la faveur de cultures qui, en dépit de leurs différences et de leurs oppositions, finissaient toujours par se marier ou se greffer les unes sur les autres, l’islam se pose d’emblée en tant que déni de cette genèse culturelle, en même temps que mépris haineux de tout ce qui est « autre ». C’est au constat de ce véritable tsunami culturel et à la recherche des causes profondes dont il procède, qu’est consacré le nouveau livre de Laurent Lagartempe.
A ce radical rejet de ce que sont les « autres » l’auteur trouve des racines historiques lointaines, mais aussi des racines préhistoriques plus fondamentales encore. La millénaire expansion de la culture grecque, de nature essentiellement pacifique, n’avait guère connu de véritable opposition en Méditerranée, avant comme pendant et après Rome. Il y eut par contre davantage de résistance à l’hellénisation au Moyen Orient – Syrie, Palestine, Egypte – où l’influence s’imposa de façon plus autoritaire sous l’égide d’Alexandre et de ses successeurs. Et c’est précisément dans cet espace particulier, dans cette partie occidentale du Croissant fertile, que des germes persistants d’anti-hellénisme trouvèrent à s’exalter au 7e siècle, au point de faire basculer le Moyen Orient tout entier d’un apogée pluriel de civilisations humanistes, dans une contre-culture du refus et de l’exclusion, source d’asservissement des peuples et de sous-développement des communautés.
Ecrit par : Neuvy | jeudi, 22 octobre 2009
Samuel Huntington a vu juste : L’histoire du 7e siècle au Moyen Orient le prouve.
« Origines de l’islam » de Laurent Lagartempe
Editions de Paris, septembre 2009
L’énoncé de Paul Valéry « Nous autres civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles » avait en son temps un peu surpris. Le narcissisme européen aidant, on avait du mal à imaginer que notre « civilisation occidentale » puisse avoir une fin. En ce temps d’incertitudes, la sentence paraît moins surprenante. Or, les civilisations qui, manifestement, ne sont pas éternelles, ont cependant une durée de vie longue, bien plus longues que celle des royaumes et des empires. Paul Valéry devait avoir à l’esprit Ctésiphon, Rome et Byzance qui ne sont plus que souvenirs, mais dont la durée de vie avoisine malgré tout le millénaire, alors que les nations et les Etats, leurs institutions et leurs régimes politiques, se comptent en siècles, parfois même seulement en dizaines d’années.
Si, maintenant, on prend le mot « civilisations » au sans très large du terme, et qu’on adopte une optique historique de temps long, on s’aperçoit que les civilisations ont des durées de vie plus longues encore que celles des empires auxquels pensait Valéry. Rome comme Byzance étaient imprégnés d’hellénisme, lequel avait commencé d’influencer le pourtour méditerranéen bien avant que n’émergent les deux empires, et le zoroastrisme avait commencé d’influencer la Perse avant que Cyrus n’en réalise l’unité. Dans cette optique c’est cette fois au niveau du bimillénaire qu’il faut situer la durée de vie des civilisations grecque et Perse, qui sont restées face à face durant tout ce temps, certes avec des influences réciproques, mais surtout avec chacune leur affirmation identitaire spécifique, dont elles ne se sont jamais vraiment départies. Et si maintenant on porte un regard global sur les multiples conflits ayant parsemé l’histoire de ces civilisations sur la longue durée, on s’aperçoit que leurs tensions majeures s’inscrivent dans une dialectique d’affrontement entre deux blocs, à la fois géographiques et culturels, dont le point de rupture principal se situe quelque part entre Syrie et Arménie, dans cette région de Haute Mésopotamie appelée Djézireh.
Constatant que cette Djézireh est aujourd’hui l’épicentre des tensions entre Iran, Irak et Turquie, on ne sera pas surpris d’apprendre que c’est également là que se situa l’épicentre du séisme qui ébranla au 7e siècle d’antiques civilisations avant de donner naissance à l’islam. Les puissants empires perse et grec de l’époque s’affrontèrent durant vingt années de guerres ininterrompues (610-630) qui les affaiblirent au point de les mettre à la merci d’attaques bédouines, contre lesquelles ils avaient pourtant toujours su se prémunir. L’invasion arabe qui s’ensuivit, inédite par le succès qu’elle a remporté, n’est cependant pas un événement inédit. Elle appartient au modèle absolument classique des invasions de sédentaires-producteurs par des nomades-prédateurs. En d’autres termes l’événement s’identifie fondamentalement à un choc entre une civilisation paléolithique arabe et les civilisations néolithiques du Croisant fertile.
Samuel Huntington ( Le choc des civilisations, 1997) constatait après l’effondrement du bloc soviétique, que l’ordre bipolaire de la guerre froide n’avait été qu’un mode éphémère de relations internationales, laissant réapparaître le monde réel de toutes époques, multipolaire, où la tradition et les mœurs, la mémoire collective et la conscience identitaire, sont ce qui conditionne durablement les rapports entre les peuples. A ses yeux, la géopolitique du monde n’est pas essentiellement fondée sur des clivages idéologiques ou politiques, mais sur des oppositions culturelles dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale. La lecture des événements du 7e siècle au Moyen Orient, telle qu’elle apparaît dans le livre de Laurent Lagartempe, s’inscrit aisément dans cette vision géopolitique qui n’est évidemment pas que contemporaine. Le drame des origines de l’islam s’identifie à un choc multipolaire entre quatre blocs « civilisationnels » au sens où l’entend l’auteur du « Choc des civilisations ». Cet épisode majeur de l’histoire des peuples que fut l’émergence de l’islam, est une confirmation rétrospective de la thèse toujours très controversée d’Huntington qui décidément a vu juste.
Ecrit par : Neuvy | samedi, 31 octobre 2009
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